Visite médicale des salariés : obligations, nouveautés et calendrier 2026
Le suivi médical des salariés fait partie intégrante des obligations de l’employeur en matière de santé et de sécurité au travail. Loin d’être une simple formalité administrative, il constitue un levier essentiel de prévention, mais aussi un enjeu de conformité sociale pour l’entreprise.
Entre visites obligatoires à l’embauche, suivi périodique, visites de reprise et nouvelles exigences de traçabilité, les règles doivent être maîtrisées et correctement appliquées.
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Le cadre légal du suivi médical des salariés
L’employeur est tenu, au titre de son obligation générale de sécurité, de veiller à la protection de la santé physique et mentale des salariés. À ce titre, il doit organiser leur suivi médical en adhérant à un service de prévention et de santé au travail (SPST) ou, dans certains cas, en mettant en place un service interne.
Ce cadre est défini par le Code du travail. Le suivi médical est assuré par le médecin du travail ou, sous son autorité, par un professionnel de santé habilité.
La visite d’information et de prévention (VIP)
La visite d’information et de prévention est la visite médicale de référence pour la majorité des salariés. Elle concerne tous les salariés, quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, intérim, apprentissage), sauf cas de dispense strictement encadrés.
Elle doit être organisée dans un délai maximum de trois mois suivant la prise de poste. Pour certaines situations spécifiques (travail de nuit, mineurs, postes particuliers), elle doit avoir lieu avant l’affectation au poste.
La VIP a pour objectifs :
- d’interroger le salarié sur son état de santé,
- de l’informer sur les risques liés à son poste,
- de le sensibiliser aux moyens de prévention,
- de l’orienter vers le médecin du travail si nécessaire.
Les visites périodiques en cours de contrat
Après la VIP initiale, le salarié bénéficie de visites périodiques organisées par le service de prévention et de santé au travail. La périodicité de ces visites est déterminée par le médecin du travail en fonction de plusieurs critères : :
- risques professionnels liés au poste,
- conditions de travail,
- âge du salarié,
- et état de santé connu du salarié.
Pour la majorité des salariés, cette périodicité ne peut pas excéder cinq ans. Le médecin du travail peut toutefois décider d’un suivi plus rapproché si la situation l’exige.
La visite médicale de mi-carrière
La visite médicale de mi-carrière s’inscrit dans une logique de prévention de l’usure professionnelle. Elle est organisée au cours de l’année civile au cours de laquelle le salarié atteint 45 ans, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.
Cette visite permet d’évaluer l’adéquation entre le poste de travail, l’état de santé du salarié et les perspectives d’évolution professionnelle. Elle peut être demandée par le salarié, l’employeur ou le service de santé au travail.
La visite de préreprise
La visite de préreprise peut être organisée pendant un arrêt de travail prolongé afin de préparer le retour à l’emploi. Elle peut être demandée par le salarié, son médecin traitant, la CPAM ou le médecin du travail.
L’employeur ne peut pas imposer cette visite, mais il a l’obligation d’informer le salarié de son existence et de l’intérêt qu’elle présente pour anticiper les conditions de reprise.
La visite de reprise
La visite de reprise est obligatoire dans certains cas précis, notamment après :
- un congé de maternité,
- une absence pour maladie professionnelle,
- une absence d’au moins 30 jours pour accident du travail,
- une absence d’au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel.
Elle doit être organisée dans les huit jours suivant la reprise effective du travail.
Nouveautés et points d'attention pour 2026
Plusieurs évolutions récentes renforcent les exigences de traçabilité et de pilotage du suivi santé au travail.
Un arrêté publié en septembre 2025 prévoit notamment la délivrance d’attestations d’absence de contre-indication médicale pour certains salariés titulaires d’autorisations de conduite ou d’habilitations spécifiques. Ces attestations ont une durée de validité limitée et doivent être conservées par l’employeur comme preuve de conformité.
Par ailleurs, la montée en puissance des outils numériques de prévention, comme le Passeport de prévention, renforce les attentes en matière de suivi, d’archivage et de justification des démarches santé-sécurité à compter de 2026.
Les obligations pratiques de l’employeur
Afin de respecter les obligations légales, l’employeur doit notamment :
- adhérer à un service de prévention et de santé au travail,
- organiser les visites médicales dans les délais légaux,
- suivre les préconisations du médecin du travail,
- déclencher les visites de reprise obligatoires,
- conserver les attestations et documents justificatifs,
- informer les salariés de leurs droits en matière de suivi médical.
Le non-respect de ces obligations peut engager votre responsabilité en tant qu’employeur au titre du manquement à l’obligation de sécurité, avec des conséquences sociales, prud’homales et, le cas échéant, pénales.
